SOUFFLE D'ÊTRE
Le souffle se redresse au contact de la consonne
S’arrondit lorsqu’il rencontre la voyelle
Sur le bord d’une lèvre
La syllabe ne se courbe devant personne
Le souffle dessine le mot
Découpe la phrase
Sculpte le sens
Le souffle construit des mondes
Et les livre au hasard
Le souffle hèle les ombres d’hier
Tisse les vérités du jour à venir
Et dépouille le mensonge de son arrogance
Il s’insinue entre le jour et la nuit
Et tremble à l’orée des frontières
Il obscurcit le ciel de ses cendres
Là-bas
Vers l’Islande
Ou la Finlande
Le souffle fait voyager le silence
Tel un linceul blanc
Flottant dans l’azur
Le souffle raconte l’histoire du monde
Et s’éteint au seuil de l’amour