MOIRA OU LE SOUFFLE DES MOTS
Le souffle des mots exhale un parfum nauséabond
Le souffle des mots se fait tranchant quand il me revient aux oreilles
Le souffle des mots devient rance quand il m’est destiné sans m’être adressé
Il devient amer quand il se faufile entre les mots des autres
Il devient tueur quand il serpente entre les pierres du désert
Aurait-on peur de la vieille Moïra
Qui parle du fonds des âges au tréfonds de l’âme ?
Qui parle… Et qui parle… Et qui parle….
Et elle bouge en plus…Son corps est résonance du cri
Son corps fait mal
Il résiste au vent du désert
Son corps danse au son de la langue qui est la sienne
Il évoque la musique des Enfers
Où Dieu joue aux échecs avec le diable
Amie des gueux
Tapie dans l’ombre
Elle est là
Fleur noire du désert
Elle regarde le monde se défaire à l’ombre du dernier soleil
Le souffle des mots la réveille chaque matin
Elle qui passe ses nuits
À parler… à parler… à parler…
Seule dans le désert
Seule face au Tueur de rire
Vive Moïra
On ne meurt qu’à Venise…