LA BÉDOUINE

 LA BÉDOUINE

 

 

Elle marchait lentement dans la cendre tiède

Le feu éteint de l’amour

Lui brûlait la plainte des pieds

Nulle hâte

Nul soupir

Longue procession joyeuse

Elle et ses ombres

Poussière grise

Sous le haut ciel gris

Nul cri

Le ciel avait délavé son visage

Le sable avait coulé entre ses doigts

Image convenue de madone

Traits effacés de la mémoire

Temps exténués du monde

Yeux voilés de l’éternité violée

Nulle pensée

L’envers du jour

Et puis la nuit

Et puis rien

Rien que le souvenir

Des rires et des larmes

Chapelets de rires se faufilant dans le sable

Larmes qui creusent les dunes mauves  du silence

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