POCHADE GRAMMATICALE avant-propos

 

PROJET POUR POCHADES GRAMMATICALES

 

 

Naissance du projet

 

Au mois de septembre 2000, Monsieur et Madame MEIDINGER, diplômés de l’université Michel de Montaigne-BX 3 (DFLE), enseignants de français au Lycée international de Libereç (République Tchèque), m’ont demandé d’écrire une pièce de théâtre pour qu’elle puisse être jouée par leurs élèves et servir d’outils pédagogiques pour l’enseignement de la langue française pour des élèves étrangers.

 

Il fallait que cette pièce soit courte (20 mm), écrite dans un  langage simple et drôle.

 

Pochade Grammaticale I

 

Mettre en situation deux jeunes gens, un garçon et une fille, en train de réviser leur grammaire française m’a semblé pouvoir répondre à ces critères.

 

Le dispositif scénique est réduit au minimum : deux chaises au centre de la scène et un  livre. Ceci afin de permettre une  mise en place rapide et adaptable en tout lieu.

 

L’abord grammatical d’une langue est souvent vécu comme contraignant et rébarbatif. Pour contrecarrer cet  a priori, j’ai choisi de faire parler le livre en confiant à trois acteurs (ou actrices) le soin de guider les personnages dans leur apprentissage de la langue française.

Les « trois  voix » sont tour à tour drôles, sévères, cyniques. Elles se comportent comme « des déesses déchues » du savoir et elles induisent la conduite des jeunes gens.

 

Parler une langue  étrangère est, je crois, accepter de changer de repères culturels, tout en conservant son identité. Aussi ai-je eu l’idée de traiter la question des pronoms personnels. Ce  thème permet en outre, d’aborder divers aspects de la langue, comme le genre et le nombre.
Le pronom personnel étant souvent placé en début de phrase, il peut servir d’amorce à  l’enseignement des autres catégories grammaticales. 

 

Ce texte a servi de support pédagogique et a été reproduit en annexe d’un mémoire de maîtrise de Français soutenue à l’université de Libereç (République Tchèque) en mars 2001.

La pièce a été jouée par des étudiantes coréennes du Département de Langue et Littérature Française de l’Université Nationale de Cungbuk (Corée du Sud) sous la direction de Rodolphe MEIDINGER.

 

 

Poursuite du projet

 

Lors d’un entretien au mois de Décembre 2000, Monsieur et Madame MEIDINGER m’ont suggéré d’aborder  les autres aspects de la langue française en utilisant le même mode d’écriture.

 

La conseillère principale d’Éducation d’un lycée bordelais a  émis l’idée que ce travail pourrait aider de jeunes français à maîtriser leur langue maternelle.

 

Pochade grammaticale 2

 

Avec le verbe, j’aborde la dimension spatiale de la langue. Ce qui n’est pas possible avec le livre le devient au théâtre. Les repères temporels qui, dans un livre, ne peuvent s’exprimer (du moins dans notre culture) que de gauche à droite, deviennent  des repères dans l’espace. Chaque temps et mode a sa place sur la scène.

À partir d’un paradigme simple –imparfait, présent, futur- se dessine le trajet de l’acteur situant les différents temps et modes dans l’espace.

Les  temps simples sont récités en avant-scène et les temps composés se déploient par rapport à eux comme des pions sur un échiquier. L’adéquation du corps et de la pensée a pour vertu de favoriser  l’intégration du temps par l’individu. La langue circule dans le corps  et le corps circule dans la langue.

 

 

Pochade grammaticale 3

 

Pour offrir un panorama aussi complet que possible autour de la question du pronom et de celle du verbe, il m’a semblé intéressant d’aborder l’étude de l’adverbe.

 

L’adverbe a pour fonction principale de  modifier le sens des mots qui l’entourent, et notamment le verbe.

La nature même de l’adverbe est propice au changement de situation des personnages. Ils favorisent la montée de la tension entre le garçon et la fille. Ils permettent un échange dynamique entre eux, au niveau de la langue, donc de l’espace.

 

L’apprentissage de la conjugaison n’est  plus cette chose que tout étudiant de langue doit « subir ». L’aspect ludique de cette « méthode » donne à l’élève une position active, ainsi devient-il l’instrument de sa propre connaissance.

 

 

 

 

 

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