L'HOMME SEUL
L’HOMME SEUL
La pluie se brise
Le jour s’enlise
L’onde s’amenuise
La pensée mutine remonte le temps
La mémoire en déroute marque le pas
Dehors les voitures inventent des ombres
Envahissent les rues en pleurs
Elles roulent dans le râle rouge
D’un demi-jour
Passant devant l’homme seul
S’arrêtant à l’orée de sa nuit
Les mots se figent dans sa gorge
Au bord de l’ivresse
La pensée jette ses oripeaux
Aux quatre coins de l’univers
Où dansent les étoiles avant de mourir
La pensée arrache le vide du ciel
Et s’en va
L’enfouir dans le ventre de la terre
La cacher
La cacher
Pour qu’elle ne se voit pas
Ne s’entende pas
Dehors les voitures roulent toujours
L’homme seul ne pense pas