SCULPTURE
SCULPTURE
Une petite boule roule entre tes doigts
À peine
Resserrée comme un chagrin
Ce sera la tête
Tes doigts dessinent déjà les yeux
Lunes diaphanes
Puis le nez
Deux ailes fines
Un sourire terre fendue
À peine
Un visage peut-être
Un peu plus tard
Entre tes mains
La terre brune s’allonge
Muscles d’air
Trait de terre
Le cou
En un geste lent et doux
Tes paumes lissent la terre
Elle crie soupire
Se sépare
Pour devenir les épaules
Rondes fortes
Deux branches descendent
Souples verticales
Les bras
Au bout
La terre s’évase
Elles pèsent
Les mains
La terre se déchire
S’allonge se tend
Horizons divers
Les doigts
Tes mains affolées
Reviennent à la base du cou
Elles triturent la terre
La malaxe
L’érige en deux petits monts
Les seins
La terre s’étrangle
Isthme brun
D’un à l’autre
La taille
Tes mains gonflent la terre
La lisse doucement avec les paumes
Pas trop
Laisser sa rondeur apparaître
Au milieu une petite béance
Le ventre
Un peu plus bas
De chaque côté
La terre enfle
Deux gros soupirs blancs
Les hanches
Puis le ventre se ressert
Se fend
Lumière dorée de la terre entr’ouverte
Terre transpercée de lumière
Sexe de l’aube
La terre devient deux
Longues et graciles
Parcourant le monde
Les jambes
La glaise repose sur la terre
Elle se frotte se cogne
Appuie se retire
Puis retombe
Et s’arrête
Le pied
Une petite boule roule entre tes doigts
À peine
Resserrée comme un chagrin
Ce sera la tête
Tes doigts dessinent déjà les yeux
Lunes diaphanes
Puis le nez
Deux ailes fines
Un sourire terre fendue
À peine
Un visage peut-être
Un peu plus tard
Entre tes mains
La terre brune s’allonge
Muscles d’air
Trait de terre
Le cou
En un geste lent et doux
Tes paumes lissent la terre
Elle crie soupire
Se sépare
Pour devenir les épaules
Rondes fortes
Deux branches descendent
Souples verticales
Les bras
Au bout
La terre s’évase
Elles pèsent
Les mains
La terre se déchire
S’allonge se tend
Horizons divers
Les doigts
Tes mains affolées
Reviennent à la base du cou
Elles triturent la terre
La malaxe
L’érige en deux petits monts
Les seins
La terre s’étrangle
Isthme brun
D’un à l’autre
La taille
Tes mains gonflent la terre
La lisse doucement avec les paumes
Pas trop
Laisser sa rondeur apparaître
Au milieu une petite béance
Le ventre
Un peu plus bas
De chaque côté
La terre enfle
Deux gros soupirs blancs
Les hanches
Puis le ventre se ressert
Se fend
Lumière dorée de la terre entr’ouverte
Terre transpercée de lumière
Sexe de l’aube
La terre devient deux
Longues et graciles
Parcourant le monde
Les jambes
La glaise repose sur la terre
Elle se frotte se cogne
Appuie se retire
Puis retombe
Et s’arrête
Le pied
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